Les chants rudes de Mogador

Ceux qui sont nés ici, ils ont toujours le besoin de revenir. Ça les retire comme par des fils invisibles, retour envers le lieu ou le vent des Alizées avait soufflé autour de leur berceau. Il semble que les cris aigus des mouettes, le déferlement de l’Atlantique leur soient incrustés dans la peau à jamais. Ces chants rudes de l’océan, les mémoires qui sentent la sardine et la mer,

 

 

 

ils leur résonnent à jamais dans les oreilles… Moi, je ne suis pas née ici, mais ça fait déjà longtemps que j'y vis, trop longtemps pour ne pas être séduite par le charme austère de cette ville. Bien sûr que la modernité et le commerce ont déjà commencé d’uniformiser la particularité d’autrefois, mais pour ceux dont les cœurs sont ouverts, les vieux chants sonnent toujours

 



L'origine de "Mogador" pourrait être  "Migdal"

„Les gens de Mogador, c’est le titre du fameux roman d’Elisabeth Barbier. Mais certainement, il n’y a rien à voir avec l’ancien nom d’Essaouira : Mogador. On ne connaît pas exactement l’origine de ce nom. Omar Lakhdar*, « Mogadori » de souche et auteur de plusieurs livres sur l’histoire de la ville, croit que ce mot a sa racine dans l’hébreu « migdal », ce qui signifie tour, casbah ou forteresse. Les berbères l’auraient transformé en « Amagdoul », ce qui est devenu plus tard « Mogador » .

 

Cette explication est bien convaincante puisque la présence juive au Maroc remonte à plus de 2000 ans. Et Mogador était en fait une ville très juive pendant longtemps, jusqu’aux années 1970 à peu près. C’était parce que, au milieu des 17ème siècle, le sultan Mohammed Ben Abdellah avait appelé des marchands juifs du pays entier pour faire du commerce pour lui. Le port de Mogador était à l’époque un point de commerce très important; on le nommait « port de Tombouctou » car c’était ici qu’arrivaient des marchandises de Mali et d’autres pays de la côte ouest de l’Afrique.

 

A Mogador, les juifs étaient le groupe majoritaire; il y avait dans le temps presque 40 synagogues, dont beaucoup dans des maisons privées. La seule synagogue qui existait tout le temps était celle du rabbin Haim Pinto, dans le mellah, l’ancien quartier juif au nord-ouest de la médina. Entre-temps la synagogue Slat Lkahal à l’entrée du mellah a été restaurée, de même la synagogue Attia dans la médina.

 

*Omar Lakhdar, Mogador Judaïca – dernière génération d’une histoire millénaire