Dans son coeur, Régine Knafo est restée une Mogadorienne

Régine Knafo rend visite à Haim Bitton, le restaurateur de la synagogue Slat Lkahal à Essaouira-Mogador.
Haim Bitton et Régine Knafo dans la synagogue Slat Lkahal.

Plusieur fois par an,elle revient à Mogador, sa ville natale aimée. Régine Knafo, Parisienne depuis les années soixante, est restée dans son coeur une Mogadorienne. Chaque fois qu'elle débarque dans la ville des Alizées, elle emmène une certaine somme d'argent, collectionnée chez des amis et dans la famille, pour la restauration de la synagogue Slat Lkahal dans le Mellah d'Essaouira. Et Haim Bitton, infatigable dans ses efforts de restaurer l'ancien lieu de culte, s'en montre bien reconnaissant. Ainsi, au cours des années, les deux anciens Mogadoriens, sont devenus des amis.

 

Voyage dans le passé

Pour Règine Knafo, chaque visite à Mogador se transforme en voyage dans le passé. "J'avais une enfance dorée", dit-elle. Elle se souvient de tant d'évènements, petits et grands, des jours de fêtes juives, des grandes vacances passées à la plage, des chansons qu'on chantait, des contes que les adultes racontaient. Cette fille de bonne famille juive de la Casbah, qui avait douze soeurs et frères, connait encore toutes les maisons de l'ancienne Casbah; c'est là où aujourd'hui se trouve une patisserie, que son père, Salomon Hai Knafo, avait sa librairie, et là, où dans nos jours un riad héberge des hôtes, que sa mère, Esther, avait son atelier de couture.


Enfance à Mogador - un livre

plein de charme et de nostalgie

Régine Knafo avec Haim Bitton lors de la présentation de son livre à Dar Souri en mois de janvier
Régine Knafo avec Haim Bitton lors de la présentation de son livre à Dar Souri en mois de janvier

„Nous passions toutes les vacances à la plage. Nous y restions toute la journée, Maman nous faisait parvenir notre repas à midi, que nous prenions dans la cabine. Toutes les familles faisaient autant.

Je crois que je savais nager depuis ma naissance car Papa nous mettait à l’eau et ‚débrouille-toi!‘. Evidemment il nous surveillait de près. Il nous aidait à construire des châteaux de sable, nous passions des moments inoubliables à essayer de faire voler des cerf-volants multicolores fabriqués par ses soins.“

Ainsi commence le chapître „Ma disparition à la plage“ dans lequel Régine Knafo raconte une épisode de son enfance à Mogador, ancien nom d‘Essaouira. Elle vient de présenter son livre „Enfance à Mogador“ dans sa ville natale, à Dar Souiri. Régine est issue d’une famille juive de Rabbins et d’érudits de Mogador. Son arrière-grandpère Yossef Knafo était, au 19ème siècle, le premier rabbin de la synagogue Slat Lkahal. Cette synagogue qui était presque complètement détruite, est, grace à Haim Bitton, en restauration depuis 2011. Bientôt les travaux seront terminés. Le but principal de ce projet: créer un musée, montrer entre outre des photos d‘antan pour garder le souvenir de l’époque juive dans la ville des Alizés.

Le livre de Régine contient beaucoup d’histoires et anecdotes du temps des années quarante et cinquante, dont une sur Orson Welles qui, au début des années cinquante a tourné des parties de son film „Othello“ à Mogador. Welles jouait aussi lui-même le rôle d’Othello. Très amusant de lire comment la femme de ménage du bain public de la rue d’Espagne un jour tenait Orson Welles pour le diable…

Mais revenons au début, à la disparition de la petite Régine à la plage. Un jour la petite fille s’était perdu à la vaste plage et tout le monde se mit à sa recherche. „On vint dire à Maman que j’étais perdue, qu’il fallait le signaler à la police. Pendant tout ce temps, ma soeur Margalith (la cadette, je suis la quatrième), tirait sur la manche de Maman pour attirer son attention. Excédée, Maman finit par lui demander: - Que veux-tu, Margot? Tu vois bien que nous somme préoccupés par le sort de Régine!

Mais, Maman, répondit tranquillement Margot, cela ne fait rien, il y en a beaucoup d’autres à la maison!“

Le fruit de la vente de ce livre sera en partie versé à  L’ASL MOGADOR, association pour la restauration de la synagogue Slat Lkahal. 

 

Règine Knafo, „Enfance à Mogador“, 2016 Edition Biblieurope, ISBN: 978-2-84828-285-5


Visite au cimetière israélite de Mogador

Régine Knafo n'oublie jamais, lors de ses séjours à Essaouira-Mogador, de visiter les cimetières juifs, situés près du Bab Doukkala, au nord-ouest de la ville. L'ancien cimetière, fondé en 1769, se trouve en face de la mer, le cimetière nouveau, de 1874, de l'autre côté de la rue, l'Avenue Moulay Hicham.

On ne sait pas combien d'habitants juifs de la ville y étaient enterrés durant les siècles. Beaucoup des tombes du vieux cimetière sont, au cours du temps, disparus sous le sable des dunes, les inscriptions des autres érodées.

Au cimetière nouveau, ici, il faut aussi lutter contre le temps, le vent, le sable, l'humidité.